Programmation

MADAME HYDE

Serge Bozon

France, Belgique, 2017 / 95 min / VO française avec sst. anglais / Drame

Carte Blanche BGL BNP Paribas

Isabelle Huppert en Madame Hyde aborde l’univers fantastique et décalé de Serge Bozon. 

Mme Géquil, une timide professeure de physique dans un lycée de banlieue, est méprisée par ses élèves. Un jour, pendant une expérience dans son laboratoire, elle est foudroyée et sent alors en elle une énergie nouvelle, mystérieuse et dangereuse.

« La coscénariste Axelle Ropert a eu l’idée d’une adaptation contemporaine, au féminin, en milieu scolaire et en banlieue. À partir du moment où quelqu’un est une mauvaise prof et qu’elle devient une bonne prof, il faut bien qu’elle se transforme. Or toute transformation n’est jamais naturelle. […] On s’est dit avec Axelle : "Tiens, si au lieu de faire un film fantastique, où quelqu’un en se transformant devient un grand diable qui assassine les gens, on faisait une chose plus ‘glissante’, comme vous dites, qui resterait lié à l’enjeu de l’école". C’est venu comme ça ». Serge Bozon

Séances
mer 28/02 19:00 Kinepolis Kirchberg VO FR SST ANG Public https://ticket.luxembourg-ticket.lu/luxfilmfest/webticket/bestseatselect?languag...

« Madame Hyde est à la fois un film social, où les couleurs de peau, le rap et la banlieue sont plus qu’un décor ; un film fantastique, qui repose sur une transformation de l’héroïne ; et un film sur l’école, au sens le plus simple du terme : pourquoi transmettre le savoir et comment le transmettre ? Pourquoi est-ce si important et si dur de le transmettre ? Et pourquoi est-ce que ce ne serait pas si important si ce n’était pas si dur, et vice-versa ?

[…] Mais l’essentiel est pour moi qu’on ne sente aucune volonté "originale" de mélanger les trois genres, comme si le geste de mélanger de l’extérieur trois choses si différentes vous excitait en soi. La force du film, c’est que ce qui les mélange, et même les unit, vient de l’intérieur. Les trois n’en font forcément qu’un. […] Madame Hyde est juste le négatif lumineux de Madame Géquil. Or c’est dangereux de « s’allumer ». En un mot, Madame Géquil ne peut répandre la lumière sans devenir lumière et elle ne peut devenir lumière sans prendre le risque de brûler. Donc le fantastique vient bien de l’intérieur. On ne le comprend pas tout de suite, mais peu à peu.

[…] Ce à quoi je ne m’attendais pas, et qui m’a beaucoup ému à la fin, c’est de voir qu’elle a transmis à Malik le goût solitaire du savoir, c’est évident, mais aussi la malédiction sociale de l’humiliation, et ça c’est moins évident. Humiliation, car le prof de la dernière scène ne comprend pas Malik, les élèves non plus, qui bavardent à la fin de son intervention. Lui reste seul avec sa page dans les mains, le regard ferme mais douloureux. C’est peut-être l’aspect fantastique le plus secret du film : l’humiliation se transmet aussi, même et surtout sans le vouloir. D’où le fait que j’aime beaucoup cette obscurité dont Malik sort d’un coup à la fin, lorsqu’on découvre ses cicatrices, ses stigmates. La lumière la plus fantastique du film est dans cette scène de classe : il y a une obscurité totale au tableau alors que les volets ne sont pas tirés et qu’il fait jour. Ce n’est pas réaliste mais c’est d’autant plus cohérent avec ce que le film raconte.

[…] La stylisation est centrale car, normalement, un film social, c’est réaliste et pas marrant, un film fantastique, ce n’est pas réaliste et pas marrant, enfin un film sur l’école, c’est didactique et pas marrant. Par la stylisation, qui unifie la forme du film comme le rapport à l’école unifie son contenu, surgissent des circulations et des brusqueries inédites, de ton comme de récit, marrantes ou tristes. […] À chaque fois, l’important n’est pas l’inattendu, mais les émotions qui naissent devant des personnages qu’on découvre si singuliers ». Jean Douchet, entretien avec Serge Bozon, dossier de presse du film

Récompenses
  • Best Actress for Isabelle Huppert, Festival international du film de Locarno, 2017 (Suisse)
Cast & Crédits
Interprètes 
Isabelle Huppert, Romain Duris, José Garcia, Adda Senani, Guillaume Verdier, Patricia Barzyk, Pierre Léon, Roxane Arnal, Angèle Metzger, Belkacem Lalaoui, Jamel Barbouche
Scénario  
Axelle Ropert, Serge Bozon - Librement adapté de L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson
Image 
Céline Bozon
Son 
Laurent Gabiot
Décors 
Laurie Colson
Musique 
Benjamin Esdraffo
Production 
Les Films Pelléas, Frakas Productions
Coproduction 
Arte France Cinéma, Auvergne–Rhône-Alpes Cinéma
Distribution 
MK2 Films
Biographie du réalisateur

Serge Bozon (*1972, France) fait des films, écrit sur des films et joue dans des films. Au départ, il s'illustre davantage dans le métier d'acteur pour Jean-Paul Civeyrac ou Cédric Kahn. Après L'Amitié (1998), il renouvelle sa collaboration avec la scénariste Axelle Ropert pour Mods (2003). Il obtient en 2007 le Prix Jean-Vigo pour La France (2006). Après Tip Top (2012), il retrouve Isabelle Huppert pour la deuxième fois dans Madame Hyde.

Filmographie
  • 2017 - Madame Hyde
  • 2012 - Tip Top
  • 2006 - La France
  • 2002 - Mods
  • 1997 - L'Amitié